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Les applications pour maigrir

Récemment, on m’a posé la question de savoir que valent ces applications. Elles sont très nombreuses aujourd’hui et d’ailleurs les limites qu’on leurs trouve peuvent aussi s’appliquer aux coachings des sites internet/influenceurs/etc.

Le but n’est pas de dire que seuls les diététiciens détiennent la vérité, mais d’être capable de prendre du recul sur ce qu’on peut lire un peu partout, gardez l’esprit critique ! (même avec moi, je suis peut-être un charlatan)

Si elles peuvent être très pratiques, elles ont pour autant des limitent :

La personnalisation

C’est la base d’un suivi nutritionnel. Se contenter du poids, de la taille et de l’âge ne suffit pas. À poids équivalent, une personne avec beaucoup de masse musculaire ou beaucoup de masse grasse auront des métabolismes très différents. Il y a beaucoup de points à prendre en compte, comment a évolué le poids, en combien de temps, combien de sport, quelle activité physique ou cérébrale, comment se passe le sommeil, la digestion, le transit, quelles pathologies, quels antécédents familiaux, quelle éducation, quel bilan sanguin, d’éventuels troubles alimentaires, etc… C’est ce que nous pouvons voir en consultation et il en manque encore, génétique, microbiote, psychologie. Il y a énormément de facteurs qui font qui vous êtes. Déjà que pour un humain c’est beaucoup, alors pour un algorithme…

Les recommandations

Chaque application ou site a sa propre base de données et le secret industriel la protège ce qui fait qu’il n’est bien souvent pas possible de savoir si une application est fiable et ce que valent les valeurs obtenues.

De plus, en fonction du pays d’origine, les recommandations de santé sont différentes puisque les populations sont différentes, de même que les enjeux de santé. Celle-ci peuvent donc ne pas vous convenir voir même proposer des recommandations avec des effets indésirables.

Le risque de l’autosurveillance

Est-il nécessaire de tout doser tout le temps ? Certains aliments sont-ils interdits ? Les questions sont rhétoriques et les réponses sont non dans les deux cas, fort heureusement. En fait, l’excès de contrôle peut même entrainer des troubles du comportement alimentaire (orthorexie : obsession de trop bien manger), c’est ce qu’a démontré le CHU de Genève en 2019.

La protection des données

Ce dernier point est moins lié à la nutrition, mais il faut savoir que ces applications ne sont pas réglementées et que certains revendent vos données. C’est particulièrement inquiétant qu’il s’agit de données de santé. Les médecins nutritionnistes ou les diététiciens sont eux soumis au secret médical.

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